Fruit du mariage d'un missionnaire danois et d'une inuit, Knud Rasmussen nait au Groenland le 7 juin 1879. C'est dans cette contrée qu'il passe sa jeunesse et y apprend l'un des dialectes locaux, l'inuktitut, ainsi que les activités typiques de la vie en zone polaire, en particulier la chasse et la conduite des traîneaux tirés par des chiens.
A l'âge de 12 ans, ses parents l'envoient faire ses études au Danemark, dans la province du Seeland. En 1900, son diplôme d'ethnographie en poche, Knud Rasmussen se lance dans l'écriture. Il veut devenir auteur et travaille dans différents journaux avant de devenir correspondant à l'étranger.
De 1902 à 1904, il effectue sa première expédition avec trois compagnons, connue comme « l'expédition littéraire ». Le but de l'entreprise est d'étudier la culture inuit. Rasmussen publie à son retour un ouvrage intitulé « Le peuple du Pôle Nord », qui est un carnet de voyage en même temps qu'un relevé académique du folklore inuit. En 1910, Knud Rasmussen fonde la base qui servira de point de départ à toutes ses expéditions, à Uummannaq au Groenland. Ils lui donnent le nom de Thulé, en référence au nom donné par Phyteas, un explorateur et auteur de l'Antiquité, à une contrée lointaine et mythique de l'extrême Nord. Sept expéditions, appelées « expéditions Thulé », auront lieu entre 1912 et 1933.
La plus marquante d'entre elles commence en 1921, avec pour objectif de déterminer l'origine du peuple inuit en récoltant des données ethnologiques, archéologiques et biologiques. Une première équipe, composée de sept hommes, prend le départ pour l'Est de l'Arctique canadien où ils effectuent de nombreux entretiens. Ils entreprennent des fouilles et découvrent de nombreux artefacts (aujourd'hui exposés dans les musées danois). Une fois ce travail effectué, Rasmussen se sépare du reste de l'équipe et continue son expédition. Accompagné de deux chasseurs inuits, il voyage pendant seize mois à l'aide de chiens de traîneau et traverse le continent jusqu'à la ville de Nome, à l'extrême pointe ouest de l'Alaska. Rasmussen découvre que les différents peuples inuits du continent parlent à quelques nuances près le même langage, et que de nombreux mythes et légendes sont similaires.
Lors de son périple, Knud Rasmussen doit franchir le passage du Nord-Ouest. Ce passage maritime, qui relie l'Atlantique au Pacifique, est praticable en bateau durant le court été arctique et le reste de l'année est pris par les glaces. Il devient le premier Européen à franchir ce passage en chiens de traîneau.
Rasmussen racontera ses péripéties dans un livre, « Du Groenland au Pacifique : deux ans d'intimité avec des tribus d'Esquimaux inconnus », et devint pour ses contemporains le « père de l'esquimaulogie ». Deux autres ouvrages virent ensuite le jour, tous deux traduits en français : « La chasse à l'ours. P.H. Lundsteen. Le Groenland », et « contes du Groenland » dans lequel il raconte les légendes collectées lors de ses expéditions. Marié, c'est au Danemark que Knud Rasmussen finit ses jours. Il décède à Copenhague le 21 décembre 1933.
En 2006, un film adapté de sa vie est diffusé au Canada : « Le journal de Knud Rasmussen ». Pour beaucoup, le nom de Rasmussen évoque aujourd'hui l'aventure polaire et le goût de l'exploration dans des conditions naturelles peu accueillantes. De moyen de transport indispensable à l'époque, les traîneaux tirés par des chiens sont de nos jours avant tout un loisir auquel goûtent de nombreux touristes en vacances aux sports d'hiver dans les stations de ski de France ou d'ailleurs.
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